Sur les traces de leur passé : Ceux de Changarnier 1959...
le 19 septembre 2009, 50 ans après, ils se sont retrouvés au Lycée Militaire d'Autun...

Pour que vivent "Ceux de Changarnier 1959"!
“… nous nous vîmes 122 en arrivant au port … " Notre projet, mis en œuvre en début d’année, était de rassembler à Autun, le 19 septembre 2009, le maximum des quelques 230 AET survivants qui étaient, il y a 50 ans, à la rentrée 1959, à l’annexe de Changarnier : sixièmes, cinquièmes et Eurasiens. Il se concrétise ce matin là par la distribution, à l’entrée de l’école, d’un badge de reconnaissance.
Ainsi, 122 personnes, dont 74 AET y compris notre capitaine de 1959, Jean Rouquié (1), et deux éducateurs de l’époque, participent à la cérémonie de rentrée des classes, présidée par notre "jeune", le général d’armée Elrick Irastorza (2), Chef d’état-major de l’armée de terre.
Nous sommes fiers et émus d’être, avec nos compagnes, sur la place d’armes et sur les rangs, d’assister au parrainage des sixièmes dont la vision nous ramène 50 ans plus tôt, dans nos uniformes mal-seyants et encadrés par des gradés stigmatisés par les guerres, fiers et émus tout simplement de s’inscrire dans la continuité de la vie de l’école.
Nous réalisons à ce moment là, alors que pour chacun l’heure de la retraite sonne, tout ce que l’école nous a apporté dans notre vie d’adulte, les valeurs qu’elle nous a inculquées : apprentissage de la solidarité indéfectible et de la discipline consentie, goût de la liberté et de l’effort, volonté de s’accomplir, en dépit de nos origines modestes, grâce à l’ouverture par l’école du champ des possibles. Nous sommes les témoins d’une autre époque, celle où la France, malgré les soubresauts de la décolonisation, se reconstruisait, matériellement et moralement. Au pas cadencé, nous chantions : « Sur une France, une croix de Lorraine, écusson d’or qu’on porte fièrement… D.B. , vive la 2 ° D.B.… »
Nous réalisons aussi que, si la terre a tourné, ces valeurs, dans ce cadre à peine changé, restent d’actualité et que les jeunes de la sixième à la terminale, au garde à vous devant nous et qui se tiennent par la main, nous ressemblent. Nous les voyons tout aussi solidaires, dans un monde peut-être plus incertain, cultiver ces mêmes valeurs, certes pour réaliser d’autres rêves, mais avec la même foi dans l’avenir et guidés par leur étoile qui brille … dans leur monde d’aujourd’hui.
Le programme est chargé : vin d’honneur au gymnase, repas de midi à La Tête Noire, visites de Changarnier, de Gangloff et du musée, photos de groupe, repas aux Ursulines le soir ; le lendemain matin, dépôt de gerbe au monument aux morts de l’école, où nous associons à nos 16 disparus recensés les élèves et cadres de l’école qui sont morts pour la France à l’été 1944 (3), et office religieux à la chapelle. Ce programme est complété, au hasard des rencontres, par des repas et petits déjeuners informels…
Nous remercions le colonel Duchon, chef de corps, et ses cadres d’avoir permis le bon déroulement de notre rassemblement et le Père Pascal Roquet, aumônier de l’école, d’avoir donné un supplément d’âme à notre manifestation. Nous remercions nos copains, Bernard Mir et Jean Tanguy, pour l’aide primordiale que leur site www.lignedemir.net nous a apportée.
Mention spéciale à nos jalons historiques : les Eurasiens (4), dont les pérégrinations pour arriver à Autun en 1956, via le Cap Saint-Jacques et Fréjus, cachent beaucoup de souffrances toujours vivaces; Jean Rouquié, notre Capitaine qui, à 85 ans, nous donne une leçon de courage, de modestie, de dignité et d’espoir dans l’avenir. Nous l’intronisons notre « Sentinelle du Soir (5) ».
Nous nous promettons de faire vivre, au profit de nos camarades de toutes les générations, le fichier constitué pour l’occasion et les compétences qu’il rassemble. Autre projection dans le camp des possibles pour que vivent "Ceux de Changarnier 1959".
Louis Vermay, en sixième à Changarnier à la rentrée de septembre 1959.
(1) Ancien élève d’Autun ; grièvement blessé en Indochine en mars 1951 ; Commandeur de la Légion d’Honneur
(4) Leur association AETD « Anciens enfants de troupe de Dalat », présidée par Philippe Plusquellec, est très vivante.