Brest
LE LYCEE NAVAL DE BREST Historique
Dominant la rade de Brest - la plus belle d'Europe, ne manquons pas de le dire - et implanté presque à l'ouvert du goulet qui la relie à l'océan majestueux, les bâtiments de l'ancienne Ecole navale de Georges Leygues étaient en piteux état à la Libération. Cette école, inaugurée en grande pompe le 30 mai 1936 par le président de la République Albert LEBRUN avait en effet subi les effets d'une centaine de bombes de divers calibres et d'une cinquantaine d'obus ; la longue façade de 280 m encadrée de ses deux pavillons était particulièrement touchée.
On décida de ne pas réinstaller l'Ecole navale dans son ancien site et la remise en état progressive de cet ensemble immobilier permit ultérieurement d'abriter des écoles de la Marine regroupées à l'été 1966, en un Centre d'instruction naval.
Le Collège naval, créé par décision ministérielle du 11 mars 1966 y vécut sa première rentrée scolaire en octobre 1966 avec un peu moins de 200 élèves, un personnel incomplet et un corps professoral se constituant, peu à peu, non sans difficultés, autour de la petite équipe chargée des enseignements principaux.
Une notice émanant de la Direction du personnel de la marine attirait alors l'attention des candidats et leurs familles. sur "les possibilités" offertes par le collège naval de Brest, pour la préparation dans d'excellentes conditions aux concours de Navale et de l'Air; elle précisait en outre que le concours d'admission en classes de seconde, première et mathématiques élémentaires était commun avec celui permettant l'admission au Prytanée militaire.
Organisation
L'organisation et les modalités d'admission du collège naval (devenu lycée en 1980) évoluèrent au rythme de la réglementation régissant les lycées militaires. L'établissement atteint en quelques années son régime de croisière avec un effectif de près de 350 élèves mais il fallut attendre la rentrée 1984 pour pouvoir admettre une quinzaine de jeunes filles dans le cycle secondaire en raison de l'inadaptation originelle des capacités d'hébergement.
C'est aujourd'hui à une population d'un peu moins de 400 élèves que le lycée naval offre en dehors des activités scolaires et parascolaires habituelles, la découverte d'abord du spectacle grandiose d'une mer parfois fantasque mais toujours animée, la possibilité ensuite de s'initier et de pratiquer l'art de la voile, l'occasion d'embarquer enfin sur l'un des bâtiments de l'Escadre ou de la Flotille de l'Atlantique : ainsi l'embarquement début octobre sur le porte-hélicoptères "Jeanne d'Arc" au cours duquel les élèves des classes préparatoires découvrent la vie à bord d'une unité de combat qui reprend son entraînement à l'issue d'une longue période d'entretien, avant de repartir faire une nouvelle campagne d'application au profit des enseignes de vaisseau sortant, frais émoulus, de la " Baille ".
De même, la journée "Goélettes" pendant laquelle les plus jeunes, ceux du secondaire découvrent peut-être que la mer, si elle évoque pour beaucoup les vacances dans une image de lumière et d'azur, peut être aussi à la fois source de joie et de souffrance, de détente et de labeur.
Ces multiples activités n'entravent en rien la progression scolaire des élèves. Si l'on observe que depuis cinq ans, l'effectif des bordaches (1) issus du lycée naval constitue un peu moins du tiers de chaque promotion, alors l'on pourra peut-être en conclure qu'il faudrait être bien insensible pour vivre dans un bâtiment dont la façade a résisté aux tempêtes de feu comme aux bourrasques de cette colline et... ne pas sentir l'appel de la mer.
Le Lycée naval est régi par les mêmes textes (décret de 1982 et arrêté modifié de 1983) que les cinq autres lycées militaires. Il est commandé par un officier supérieur qui dispose d'un proviseur relevant de l'Education nationale pour la partie pédagogique. Ses résultats scolaires sont supérieurs à la moyenne nationale, particulièrement en ce qui concerne l'obtention du baccalauréat.
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(1) Bordache : terme utilisé pour désigner dans le langage "marine" les élèves de l'Ecole navale.
Texte extrait pour une large part du Journal des AET.
Mise en page J. P. 2007

