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La Flèche



PRYTANEE NATIONAL MILITAIRE

 de La Flèche


   L’année 2004 a vu la célébration de 400 ans d’éducation à La Flèche. Si depuis 1982, le Prytanée national militaire est aujourd’hui l’un des 6 lycées militaires répartis sur le territoire, il est sans nul doute le plus ancien et le plus prestigieux des établissements d’enseignement et d’éducation en activité dans notre beau pays de France.

            CHRONOLOGIE

1604-1762              Collège des Jésuites
1762-1764              Petit collège municipal
1764-1776              Collège royal militaire
1776-1792              Collège des doctrinaires
1792-1793              Collège national militaire
1795-1797              Pensionnat de MM. Maurin et Meyer
1797-1804              Ecole centrale supplémentaire
1804-1808              Ecole secondaire
1808-1814              Prytanée militaire français
1814-1831              Ecole royale militaire
1831-1848              Collège royal militaire
1848-1853              Collège national militaire
1853-1870              Prytanée impérial militaire
1870 à nos jours     Prytanée national militaire


« J’étais en l’une des plus célèbres écoles de l’Europe ! » écrit DESCARTES dans son « Discours de la Méthode pour bien conduire sa raison et chercher la vérité dans les sciences», lorsqu’il évoque son séjour au Collège des Jésuites de La Flèche entre 1604 et 1612.

 

HISTORIQUE


    Fondé par Henri IV en 1604, le collège connaît la prospérité au long du XVIIe  siècle et il devient le plus important des collèges jésuites après Paris. Par l’édit de Rouen de Septembre 1603, le roi avait rétabli treize collèges de la Compagnie de Jésus et il en avait ajouté un quatorzième, celui de La Flèche. Pour ce faire, il avait permit aux Jésuites de s’installer « en sa maison de La Flèche en Anjou » qu’avait fait bâtir en 1540 son aïeule paternelle Françoise d’Alençon. Après bien des modifications, c’est l’actuel quartier Henri IV du Prytanée.
    L’effectif de ce collège dépassera vite le millier d’élèves parmi lesquels des hommes illustres comme Marin MERSENNE, René DESCARTES, La ROCHEFOUCAULD, les princes de la Maison de Lorraine, les chanceliers SEGUIER et VOYSIN, James Stuart FITZ-JAMES duc de Berwick. Après l’expulsion des Jésuites en 1762, le collège demeure d’abord sous la forme d’une école militaire préparatoire (le Collège Royal Militaire), puis sous celle  d’un collège confié aux Pères de la Doctrine Chrétienne.
    La révolution laissera à la Flèche son lot d’exactions et de dégradations, la plus spectaculaire étant la crémation publique, sur ordre du conventionnel THIRION, des cœurs du roi fondateur et de celui de Marie de Médicis, que l’on conservait en des urnes dans le chœur de l’église du collège. Les cendres furent discrètement récupérées par le chirurgien BOUCHER et remises plus tard en une seule urne (ce qui explique qu’un des cénotaphes est actuellement vide !)


    Lorsqu’en 1808, l’Empereur décide de transférer à La Flèche le Prytanée militaire de Saint-Cyr (établi depuis 1800), il permet le sauvetage des vastes locaux de l’ancien collège des Jésuites. L’adjonction d’une annexe d’artillerie en 1812 augmente encore l’importance de l’établissement.
    Pendant la restauration, l’établissement bénéficie des faveurs de la Monarchie, notamment jusqu’au début du règne de Charles X ; pourtant, les attaques contre l’institution vont se multiplier, comme la perte en 1831 du nombre de places réservées à Saint-Cyr.
    Le Second Empire correspond réellement à une renaissance à la fois de l’établissement et de l’esprit militaire qui l’anime. La troisième République continue sur cette lancée au point que vers 1890 le doublement du collège est envisagé (ce n’est qu’après la première guerre mondiale, devant l’afflux de nouveaux élèves, qu’une partie de l'effectif quittera le vieux quartier Henri IV, pour l’Annexe de la tour d’Auvergne, ancien casernement d’un régiment d’infanterie construit en 1875; cet emplacement, rebaptisé quartier Galliéni en 1949, abrite actuellement les classes secondaires du Prytanée)  tandis que réapparaissent avec encore plus de violence qu’en 1830 des attaques contre l’institution prytanéenne. On peut penser qu’outre l’action de ses défenseurs, élus locaux et anciens élèves, l’ancienneté et la présence dans un même lieu de l’institution ont permis de la sauver à chaque fois. Par le prestige lié à la splendeur des lieux et à la réputation des études dans le passé, le Prytanée perpétue la tradition maintenue jusqu’à la Révolution par les Jésuites et les Doctrinaires. Depuis 1604, le Collège de La Flèche poursuit sa tâche d’enseignement ; depuis 1764, il continue de contribuer à l’éclosion de vocations militaires.


LES TRADIS

 


   Un établissement aussi ancien a généré au fil des siècles un esprit brution avec son lot de traditions et un vocabulaire que seuls les initiés sont aptes à décoder.
   BRUTION : Elève du Prytanée. Pendant la Restauration, le Prytanée, devenu la seule Ecole royale militaire préparatoire, est ouverte à une population d’élèves non nécessairement issus de la noblesse. Chaque année, un examen de sortie peu exigeant permet à une soixantaine de Fléchois de devenir Saint-Cyriens. C’est à cette époque que les élèves de Saint-Cyr , plus élégants et raffinés, affublent leurs camarades de La Flèche, aux manières plus rudes,  de ce surnom hérité des habitants du Brutium antique, populations farouches qui fournissaient aux légions romaines leurs plus fiers soldats. Le surnom de BRUTION (déformation du mot latin Brutium), d’abord péjoratif, devint un titre de gloire.
   MITEUX : Jeunes élèves des classes de 6ème.
   MARAB : Aumônier du Prytanée. Altération du mot marabout qui désigne en Afrique du Nord un mystique musulman.
   MENUS PLAISIRS : Argent de poche dans le langage Brution.
   PDB : Cette inscription au tableau noir, est suivie d’un chiffre qui indique le nombre de jours qui sépare le Brution du Pékin de Bahut, autrement dit les vacances.
   LA FETE DE TRIME : Le mot trime vient de trimer et non de trimestre. C’est la fête de fin d’année, le grand jour, jour de triomphe et de gloire. Après les cérémonies d’usage, le clou de la fête est le défilé du prix d’honneur porté sur un pavois, suivi par le monôme général.
   GRAND BAH : Quartier Henri IV réservé aux classes préparatoires.
    PETIT BAH : Quartier Gallieni réservé aux classes secondaires.
    MATRI : Repère chronologique réservé aux initiés, le « matri » - on disait souvent, autrefois, le « tricule »-, est pour celui qui le porte, une sorte de seconde date de naissance. Il marque l’époque de son entrée dans la grande famille prytanéenne, devenue, depuis la Restauration, la famille brutionne.
   WHÂ : Nom traditionnel de la fanfare brutionne. La musique du Prytanée trouve son origine en 1835, année ou elle est créée sous l’impulsion de l’élève Filhiol de Camas. Supprimée en 1912, elle est heureusement rétablie après la grande guerre, mais elle ne renaît vraiment qu’à partir de 1932. Elle compte actuellement 80 élèves musiciens et se compose d’une batterie-fanfare et d’une harmonie.


LE PRYTANEE NATIONAL MILITAIRE AUJOURD’HUI

 


    L e décret du 10 septembre 1982 a créé les « Lycées Militaires », instituant un régime unique pour l’ensemble des établissements d’enseignement général des trois armées : le Prytanée de La Flèche, le collège puis lycée militaire d’Autun, les lycées militaires d’Aix-en-Provence et de Saint-Cyr-l’Ecole, le lycée naval de Brest et  l’école des pupilles de l’air de Grenoble. Le Prytanée conservait la spécificité de la préparation au concours de Polytechnique. Comme plusieurs écoles militaires préparatoires, il voyait la suppression des petites classes ( 6ème à 3ème) et l’apparition de la mixité avec la première Brutionne en 1983. Pourtant, l’essentiel de l’esprit brution, fait de camaraderie, du goût de l’effort et de solidarité, demeure immuable.

 

LE DRAPEAU DU PRYTANEE

24 décembre 1882 : attribution définitive du drapeau

Lorsqu’en 1853, Napoléon III installe le Prytanée impérial militaire dans sa pérennité, il lui attribue un drapeau le 14 Juillet, ce drapeau porte les initiales et les aigles du régime impérial. En 1871, ces ornements seront décousus mais le drapeau reste en service. Quelques années plus tard, la République, définitivement installée, décide d’attribuer de nouveaux drapeaux aux régiments de l’Armée française lors de la fameuse prise d’armes de Longchamp du 14 juillet 1880. Est-ce le fait que l’école n’est pas un véritable corps de troupe ou une volonté délibérée de supprimer l’école ? Le Prytanée n’est pas sur la liste des récipiendaires. Il faudra toute la persévérance du ministre de la guerre, le général Boulanger, pour qu’un nouveau drapeau soit attribué à l’établissement. Il sera remis le 24 décembre 1882 par le général Boulanger lui-même, alors directeur de l’infanterie, au colonel Cadet, commandant de l’école. Depuis l’établissement a conservé ce drapeau, et au fil des épreuves glorieuses ou tragiques de son histoire, plusieurs décorations viendront orner sa cravate pour souligner les mérites du Prytanée:

7 mai 1927 : Croix de guerre 14-18

11 juillet 1935 : Croix de le Légion d'Honneur

12 juillet 1949 : Croix de guerre 39-45 avec palme

11 novembre 1954 : Croix de guerre des T.O.E.

 

QUELQUES FIGURES DE L'ECOLE

Aristide, Aubert DUPETIT-THOUARS (1760-1798)

Claude CHAPPE d'AUTEROCHE (1763-1805)

Henri, Gratien BERTRAND (1773-1844)

René, François REGNIER (1794-1881)

Jean, Antoine, Brutus MENIER (1795-1853)

Louis, Jean-Baptiste d'AURELLE de PALADINES (1804-1877)

Adrien, Joseph DEUTSCH (1818-1885)

Charles, Denis, Sauter BOURBAKI (1816-1897)

Joseph, Simon GALLIENI (1849-1916)

François, Joseph, Amédée LAMY (1858-1900)

Georges, Albert, Julien CATROUX (1877-1969)

Jacques MASSU (1908-2002)

Pierre, Lucien, Jean GUILLAUMAT (1909-1991)

Kleber HAEDENS (1913-1976)

François MISSOFFE (1919-2003)

Jean-Claude BRIALY (1933-2007)

Patrick, Pierre, Roger BAUDRY (1946-)

Jean-François, André CLERVOY (1958-)

 

Mise en page J.-P. L. 2007

Important

Textes de référence (fichier pdf)

Genèse réglementaire
Références et succession des textes concernant les lycées militaires.

Important

Fin d'année scolaire 2006-2007

La remise des prix a eu lieu le 24 juin 2007

Discours de M. Marcel Drouin lu aux élèves.