Epinal
ECOLE MILITAIRE PREPARATOIRE d'EPINAL
1934-1946
Par décision ministérielle du 2 juin 1934, la fusion et le transfert à
Epinal des Ecoles de RAMBOUILLET et de SAINT-HIPPOLYTE-DU-FORT sont décidés.
A la rentrée d'octobre 1934 les bâtiments de la caserne Haxo à Golbey, banlieue d'Epinal, reçoivent 700 élèves.
La vie à Epinal, marquée par une discipline sans doute trop stricte, est celle de toutes les E.M.P ; le corps enseignant y est de qualité : la plupart des professeurs ont enseigné à Rambouillet et Saint-Hippolyte-du-Fort. Rapidement, se crée l'esprit de l'Ecole : elle est fière de son insigne où figurent le chardon de Lorraine et sa devise " qui s'y frotte s'y pique ", elle est fière de son drapeau, elle connaît ses premiers succès scolaires et sportifs, elle s'intègre peu à peu à la cité, l'imagerie spinalienne si réputée, lui consacre quelques planches.
Le 11 août 1937, en présence des autorité civiles et militaires et de nombreux anciens enfants de troupe, le drapeau de l'Ecole reçoit la croix de chevalier de la Légion d'honneur et la Croix de guerre 14-18.
La mobilisation générale du 2 septembre 1939 oblige l'Ecole à quitter la région et à se replier sur Niort où, dès l'année 1938, un casernement, le quartier Duguesclin, lui a été réservé et qu'elle partage avec un centre mobilisateur et un hôpital vétérinaire.L'année scolaire s'y passe dans des conditions difficiles et pourtant, après l'immense pagaille des premiers jours - paquetage réduit à un treillis, couchage dans la paille avec une couverture partagée, repas pris par terre - la vie s'organise. Les cadres, dont nombre de braves territoriaux, ne sont évidemment pas formés à l'éducation des adolescents ; on travaille néanmoins.
A partir du 10 mai 1940, les alertes aériennes deviennent fréquentes, qui obligent les compagnies à se disperser dans la nature, l'Ecole participe en gare à l'accueil des réfugiés, l'ambiance n'est plus à l'étude.
Le 22 juin 1940, les Allemands occupent la ville et gardent militairement le quartier, où cadres et élèves sont considérés comme prisonniers.
Le 1er juillet, l'Ecole est autorisée à se rendre en zone libre et est dirigée sur Confolens emportant avec elle les drapeaux de Rambouillet et de Saint-Hippolyte-du-Fort. Elle prend le chemin de la zone libre partageant les cars, puis les wagons à bestiaux avec l'Ecole des Andelys, pour un voyage plein d'imprévus, qui s'achève le 5, pour les uns à Montauban, pour les autres à Chomérac en Ardèche où sont regroupés pendant deux mois les élèves qui n'ont pu rejoindre leurs familles.
Le 6 septembre 1940, l'autorité militaire fixe la résidence de l'Ecole à Montélimar, caserne Saint-Martin, où elle restera jusqu'au 19 décembre 1946. Curieusement, au milieu des drames que vit la France, certains organisent, des décisions sont prises, et c'est ainsi que l'Ecole d'Epinal est entièrement transférée à la caserne Saint-Martin à Montélimar, en octobre 1940.
Une fois de plus - mais les élèves y sont habitués - les installations sont très rustiques et le démarrage pénible. Les cadres, militaires d'active, et le corps professoral unissent leurs efforts pour remplir leur mission. Les études reprennent normalement. Cependant, les difficultés, les déceptions sont fréquentes ; d'abord, les permissions : à Noël 1940, il est impossible de se rendre en zone occupée ; par la suite, les voyages auront lieu à bord de trains spéciaux, aux horaires sans cesse remis en question ; mais, ce qui devient la préoccupation majeure de ces adolescents, c'est la nourriture ; ils s'habituent aux sardines salées du petit déjeuner, aux rutabagas et topinambours, ils maraudent dans les vergers lors des marches promenades, au risque de partir en permission le crâne rasé, punition classique.
Lorsque la zone libre est occupée, en novembre 1942, tous les signes militaires disparaissent : plus de boutons dorés, de galons, la cloche remplace le clairon à l'Etablissement d'Education d'Epinal. Mais, lors des déplacements en ville, le pas cadencé est rythmé par les chants militaires de tradition, devant des Allemands et des Italiens qui, sans doute, ne maîtrisent guère la langue française.
Peu après le débarquement de Normandie, les élèves rejoignent leurs familles, ou les maquis et les unités régulières. A la rentrée de 1944, l'Ecole redevient militaire. Le 19 décembre 1946, elle part à Aix-en-Provence pour y rester.
L'Ecole d'Epinal a vécu : elle aura passé cinq ans à Epinal, un à Niort et six à Montélimar. Qu'en reste t'il aujourd'hui ? Quelques plaques rappelant son passage dans des casernes désaffectées, des anciens qui se réunissent chaque année, le monument aux morts transféré à Aix.
Mais, et c'est l'essentiel, demeure surtout le beau Lycée militaire d'Aix, son descendant direct.
Mise en page J. P. 2004

