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Audinac-les-Bains



LE CENTRE D'EDUCATION "BAYARD"
AUDlNAC-LES-BAINS

1941-1944

 

Se vaincre pour mieux servir-

CREATION DU CENTRE 

          Avant la seconde guerre mondiale les élèves des écoles militaires préparatoires, qui ne pouvaient poursuivre leurs études du fait de leur âge et qui, avant la date de leur engagement dans l'armée (18 ans), ne pouvaient accomplir un cycle scolaire d'une année dans les E.M.P., étaient dirigés vers des pelotons d'arme qui assuraient la transition entre la fin des études réglementaires et l'entrée dans l'armée active. 
          La défaite de 1940 eut des conséquences mineures de fait sur les écoles militaires préparatoires repliées en zone "libre". L'encadrement demeurait identique : instructeurs officiers et sous-officiers en civil, mêmes professeurs, sauf quelques-uns, disparus ou prisonniers. L'enseignement débouchait toujours sur les diplômes permettant d'entrer dans l'armée… mais d'armistice, toutefois les pelotons d'arme étaient supprimés. En conséquence, les écoles devaient garder jusqu'à la date de leur engagement les élèves non admis à l'Ecole d'Autun repliée à Valence. Cette obligation posa rapidement quelques problèmes. En effet, pour les commandants d'école, cette charge supplémentaire n'était pas accompagnée d'effectifs cadres ou instructeurs particuliers. De plus aucun programme spécifique n'était prévu. Les élèves suivaient quelques cours et un peu d'instruction militaire séparés de corvées en attendant leurs 18 ans. Le bureau instruction de l'état-major des armées de l'Etat français fit créer, en octobre 1941, le Centre d'éducation Bayard d'Audinac-les-Bains pour accueillir ces élèves.

GENERALITES SUR LE CENTRE D'EDUCATION BAYARD 

          Le Centre accueillait les élèves des établissements d'éducation et, aussi, pouvait recevoir les "jeunes gens âgés de 17 à 18 ans, en instance d'engagement et offrant toutes les garanties intellectuelles, physiques et morales". Pour les "former avant leur incorporation effective dans l'armée".

BUT DU CENTRE 

          Le centre était chargé de donner aux élèves - cadets - un élargissement intellectuel, le goût de l'effort, une valeur morale élevée. Ceci pour les "préparer à leur double rôle d'instructeurs et d'éducateurs, et à en faire des chefs ardents, capables ensuite de s'imposer à leurs hommes par leur idéal, leur esprit d'organisation et leur caractère".

ORGANISATION 

          Le Centre était organisé en un nombre variable de groupes, constitués sans distinction d'origine, uniquement d'après la date de départ des élèves. Le groupe comprenant un certain nombre d'équipes de 12 élèves commandés par un élève désigné. L'accent était mis sur l'autodiscipline et la diffusion des responsabilités. En 1943, le nombre d'élèves atteignait 400, en juin 1944, il était inférieur à cent.

INSTRUCTION

Elle comprenait:
- de l'éducation physique ;
- des cours de littérature, arts français, histoire, géographie, éducation morale, initiation artistique, hygiène et secourisme ;
- des cours d'instruction professionnelle ;
- des sorties de plusieurs jours en montagne, et, en hiver, la pratique du ski.

CONDITIONS D'ADMISSION 

          Pouvaient être autorisés à demander leur admission au Centre, les jeunes gens célibataires, non juifs (selon la définition de la loi du 3 octobre 1940), ayant 17 ans révolus, possédant la nationalité française à titre originaire, présentant des garanties physiques suffisantes en vue d'un engagement ultérieur, autorisés par les parents ou par le tuteur, à contracter dès l'âge de 18 ans révolus, un engagement de trois ans dans l'armée, offrant des garanties morales sérieuses et possédant une instruction équivalente au brevet élémentaire, ce diplôme n'étant pas exigé. 
          Les dossiers d'admissions étaient établis par le commandant d'école pour les E.M.P., et par les commandants d'armes pour les civils.

LA VIE QUOTIDIENNE ET L'HISTOIRE

          Le Centre fut rapidement équipé, tout le monde mit la main à la pâte en ce mois d'octobre 1941. Chambres, cuisine, salle à manger, salles de cours et d'instruction technique, abords, allées, parc...rien ne fut négligé.
          L'esprit caserne fut oublié : pas de mur d'enceinte, pas de poste de garde, la nature, et surtout, ce qui comptait le plus, une ambiance de camaraderie entre les cadres et les cadets. Il n'y avait pas de devoirs écrits, pas d'examen à préparer. Détendu le jeune cadet appréciait ce changement qu'il comparait avec la vie qu'il avait connue pendant les longues années passées dans les écoles. Les cours magistraux étaient réduits au stricte nécessaire et les activités de plein-air étaient fréquentes, éducation physique, randonnées en montagne, ski l'hiver... Les cadets disposaient de leurs dimanches et pouvaient se rendre à pied à Saint-Girons.
          La plupart des cadets avaient leur famille dans les zones occupées par les Allemands et ne recevaient de nouvelles que par le canal des fameuses "cartes interzones" où l'on ne pouvait guère correspondre qu'en ajoutant un mot par ci par là aux formules pré-imprimées. 
          Le 11 novembre 1942, les Allemands envahirent la zone libre. Ce jour-là le destin du Centre d'Education "Bayard" bascula. L'ensemble des écoles et le Centre Bayard passèrent du ministère des Armées à celui de l'Instruction publique. En apparence, au Centre rien ne changea : le programme se poursuivait avec les mêmes instructeurs et professeurs; les cadets continuèrent d'arriver en provenance des écoles ou du civil. Mais l'esprit évoluait : les cadets jusqu'alors disciplinés, commencèrent à poser des questions. Puisqu'il n'y avait plus d'armée quel était leur devenir ?
          Aussi, dès la fin novembre 1942, quelques cadets, profitant du stage de montagne à Ustou, passèrent la frontière espagnole pour rejoindre les Forces Françaises libres. Ces premières évasions furent camouflées par le commandement du Centre. Mais le pas était franchi. Et la réussite des premiers entraîna des désertions de plus en plus fréquentes. L'attitude des cadres de cette période fut primordiale : ils couvraient les fuites et les facilitaient sans doute. L'isolement d'Audinac, le fait que le Centre était loin de Vichy, probablement le désarroi des gouvernants devant cette situation ont probablement permis de passer facilement sous silence ces départs limités. 
          Il n'en fut pas de même quand, à une date non déterminée - décembre 42 ou janvier 43 - une trentaine de cadets s'évadèrent du chalet d'Ustou et réussirent à passer la frontière. Cette importante évasion ne pouvait être cachée. Le commandant du Centre fut arrêté et emprisonné. Le camp de montagne d'Ustou fut supprimé. Le 18 novembre 1943, un groupe important de cadets et de cadres, passa en Espagne. Petit à petit, le Centre se vidait de ses effectifs. 
          Vers le 10 juin 1944, les Allemands se présentèrent au Centre. Ils donnèrent l'ordre d'évacuer les matériels du Centre vers Saint-Girons. Les instructeurs et cadets chargèrent les matériels dans des camions allemands sous la surveillance des soldats de la Wehrmacht. Et le dernier jour, le 11 juin 1944, semble-t-il, les Allemands firent embarquer les cadets et instructeurs dans leurs camions et liquidèrent le Centre. Ce qui fit croire aux habitants d'Audinac que les élèves et leurs cadres avaient été déportés vers l'Allemagne. Il n'en fut rien : en effet, les camions s'arrêtèrent à proximité de la gare de Saint-Girons et les Allemands libérèrent purement et simplement leurs "prisonniers" à l'exception du directeur du Centre M. Honoré ROMANE qui fut déporté à Buchenwald (l'association des A.E. T. lui a décerné le diplôme de membre d'Honneur A. E. T). Un bon nombre de cadets partit vers des refuges connus : famille, amis... et certains, restèrent dans la région, avec leurs instructeurs parfois. 
          Saint-Girons fut libérée les 15 et 20 août 1944 par un maquis ariégeois composé de Français dont quelques instructeurs et cadets du Centre Bayard et d'Espagnols. A partir du 21 août la résistance se regroupe, et constitue un camp d'entraînement à... Audinac-les-Bains ! Le Centre, toujours occupé, fut transformé en école des cadres de la résistance de l'Ariège avant de les envoyer vers les armées de la Libération. Il ne fut jamais rouvert aux enfants de troupe.

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Le texte ci-dessus est extrait du très bel article, très approfondi et intitulé : AUDlNAC-LES-BAINS, LE CENTRE D'EDUCATION "BAYARD" OU "L'ECOLE OUBLIEE" de Pierre COSSARD (Ep., Ni., Mr., Aud., 1937-42), colonel (ER), ex secrétaire général de l'association des A.E.T.

Mise en page J. P. 2004
Mise à jour J. P. 2006

Voir les photos de l'album concernant le Centre Bayard

Important

Témoignages

Témoignages
sur les cadets et
les cadres du
Centre Bayard
par Roger Oberti.

Important

Un héros : Pierre Ruibet

Ancien du Centre Bayard, le sous-lieutenant Pierre Ruibet fut à 19 ans le plus jeune Compagnon de la Libération.
Lire le récit de Claude Maque

Important

Une page utile

Pour en savoir plus sur les élèves évadés d'Audinac et l'histoire de Monjoie-en-Couserans

Rendez-vous sur la page ci-après du site de Jean-Jacques Pétris

http://www.histariege.com/
montjoie_en_couserans.htm

#Le_centre_des_
Enfants_de_troupe_
Bayard_dAudinac-les-Bains

 



Saint-Girons

Pour connaître la région
d'Audinac-les-Bains
Le site Internet de la ville de

Saint-Girons
http://www.ville-st-girons.fr/