Le département des Landes
Villes et villages des Landes
L'HISTOIRE DE MONT-DE-MARSAN,
PREFECTURE DES LANDES
Mont-de-Marsan, préfecture des Landes. 32234 habitants. Altitude : 58 mètres.
Des fouilles ont révélé que la zone située entre les deux rivières avait été occupée de façon intermittente depuis le paléolithique. Les vestiges préhistoriques découverts attestent de la présence d'un groupe sans doute important de cultivateurs néolithiques relayés par des témoignages des époques pré-romaine, gallo-romaine, ainsi que des vestiges du Bas-Empire et du Haut Moyen-Age.
En 1133, Pierre de Laubaner, Vicomte de Marsan crée une des premières villes neuves du Sud-Ouest au confluent de la Douze et du Midou qui se rejoignent pour former la Midouze. On construisit d'abord une forteresse sur l'éperon délimité par la confluence des deux rivières afin d'y contrôler le passage du Midou par la route des Petites Landes, puis un village fortifié sur ce territoire, qui relevait de l'abbaye de Saint-Sever. Rapidement, la cité fortifiée bâtie en pierre coquillière se développa vers le Nord-Est, et la ville passa sous la domination anglaise dans la deuxième moitié du XIIème siècle. Le castelnau initial dut pour une large part son essor à sa situation sur une importante voie de passage. L'aménagement d'un débarcadère, puis la construction d'un pont sur le Midou au pied même du château suivirent la fondation du castelnau et entraînèrent l'apparition d'un bourg sur la rive opposée. La Midouze étant navigable, un port s'établit sur la rive gauche de la rivière. Ce nouveau quartier sur la rive gauche du Midou où, dès 1260 s'installa le couvent des Cordeliers, fut, lui aussi, entouré de murailles percées de portes donnant accès aux routes vers Aire, Saint-Sever et Tartas. Le bourg se développa naturellement le long des trois axes et en deux siècles, une véritable ville était née.
Mont-de-Marsan, désormais "la ville aux trois rivières", devient un centre important pour le commerce du grain et des vins de l’Armagnac écoulant vers Bayonne les produits de l'arrière-pays durant tout le Moyen-Age et l'Ancien Régime ainsi qu'une halte pour les pèlerins en route vers Saint-Jacques-de-Compostelle. Mont-de-Marsan ne connut que peu de transformations du milieu du XIVe à la fin du XVIIe siècle à l'exception de l'extension d'un nouveau bourg en bordure de la Midouze, le long du port.
En 1280, Philippe III y séjourna. En 1344, Gaston Febus y fit édifier un château fort. En 1441, Mont-de-Marsan fut l'une des premières villes à arborer le drapeau de la France. En 1517, le Marsan fut rattaché au vaste domaine de la famille d'Albret, bordant la vicomté à l'Ouest. François 1er y passa en 1527 et en 1530. Charles IX séjourna dans la ville en 1564 et y confirma les privilèges des institutions communales.
Mont-de-Marsan fut totalement engagée dans les conflits armés qui, à partir de 1560, opposèrent catholiques et réformés, passant plusieurs fois aux mains des uns et des autres. Entre 1578 et 1586, Henri de Navarre fit entreprendre la construction de bastions fortifiés " les tenailles " à l'Est des murailles orientales de la ville et, lors de son avènement au trône, réunit la ville à la couronne en 1607. En 1653, Mont-de-Marsan se rebella, se rangeant du côté de la Fronde. Louis XIII ordonna en 1622 la démolition du château de Nolibos. En 1777, on démolit les portes de la ville et en 1810, on abattit les restes du château vieux. C'est également au XVIIe siècle que plusieurs couvents s'installèrent : les Clarisses, les Ursulines, les Barnabites. Un siècle après les châteaux et les murailles, les couvents furent à leur tour voués à la pioche des démolisseurs.
Au cours des XVIIe et XVIIIe siècles, des faubourgs et des quartiers s'ajoutèrent à la périphérie de la ville : le faubourg des Landes, sur la rive droite de la Douze à Saint-Jean-d'Août, avec la présence de deux activités spécifiques : les tanneries et les entrepôts, celui du Bourg-Neuf à l'Est, ceux de Saint-Roch au Sud-Est et du Port au Sud-Ouest. En 1654, la ville, qui s’embellissait d’élégants hôtels particuliers aux façades décorées de ferronneries, était toujours considérée comme le grenier de la Basse Guyenne.
Ville de garnison et ville d'étapes, Mont-de-Marsan reçut la visite de Louis XIV en 1659 et vit passer et séjourner les troupes des guerres d'Espagne, de Louis XV et de la Révolution. Pendant cette dernière, MONT-DE-MARSAN s'appellera MONT-MARAT.
Le 12 janvier 1790, fut créé le département des Landes englobant trois régions : les Landes, la Chalosse et le Marsan, et le 15 février 1790, un décret de la Constituante faisait de Mont-de-Marsan le chef-lieu de ce département. En 1808, Napoléon 1er y était acclamé. En 1814, Wellington pourchassant le Maréchal Soult, s'y présenta et en 1823, les troupes de la Sainte Alliance y passèrent.
Au cours du XIXe siècle, la ville se transforma complètement. Un architecte et urbaniste remarquable, David-François Panay fit construire un ensemble de bâtiments administratifs de style Premier Empire comme la Préfecture et le Tribunal . On édifia l'église de la Madeleine, on refit les ponts, on commença la percée des boulevards et l'installation des voies ferrées. Elle reçut la visite de Napoléon III en 1859.
En 1866, l'annexion des communes de Saint-Jean-d'Août, Nonères, Saint-Médard-de-Beausse et d'une partie du territoire de Saint-Pierre-du-Mont, augmenta considérablement la superficie de la ville. La même année, était inauguré le lycée Victor-Duruy. Les arènes furent édifiées en 1889.
Les Présidents de la République Sadi Carnot en 1891, Raymond Poincaré en 1913, ainsi que le Président du Conseil Edouard Herriot en 1925, rendirent visite au chef-lieu.
La ville, coupée en deux par la ligne de démarcation lors de la seconde guerre mondiale, fut libérée de l'occupation allemande le 21 août 1944. En 1946, s'installa le Centre d'expériences aériennes militaires apportant un regain d’activités. A partir de 1962, la cité se dévelloppa considérablement faisant reculer sans cesse les limites de la forêt de pins au profit de nouveaux quartiers, privilégiant la maison avec jardin et intégrant l’architecture contemporaine (Hôtel du Département, ensemble du Midou, nouveau marché Saint Roch…).
Les Présidents de la République Charles de Gaulle en 1960 et François Mitterrand, la dernière fois en 1986, rendirent visite à la capitale des Landes de Gascogne.
Mont-de-Marsan a toujours été ville de garnison. Actuellement ne subsite plus que la Base aérienne 118 au nord de la ville. Cette base accueille de nombreuses unités de l'armée de l'air et notamment le Centre d'expérimentations aériennes militaires.
DAX, sous-préfecture des Landes
Ville thermale
L'histoire de Dax remonte à la préhistoire. Son nom est donné par les romains qui baptisent la cité
lacustre des Tarbellicae construite sur les bords de l'Adour "Aquae Tarbellicae". Ils feront les premiers thermes.Ce n'est qu'en l'an 297 de notre ère et plus tard en 400 dans la Notice des Provinces et Cités des Gaules que Dax entre dans l'histoire. Dans la Novempopulanie, Province des Neufs Peuples, la ville est nommée "Civitas Aquensium" et les habitants "Cives Aquenses", formulations qui resteront en usage durant toute l'Antiquité. Les remparts longs de 1465 m, qui entouraient un temple, dateraient de la première moitié du Ile siècle. La fondation du siège épiscopal de Dax daterait du milieu du IIIe siècle : Saint-Vincent-de-Xaintes en fut le premier évêque et martyr.
La période du Haut Moyen-Age est assez mal connue. On sait qu'à partir de la fin du Xe siècle, la ville est administrée par les vicomtes de Dax qui se succèdent jusqu'en 1177.
Louis VII, roi de France, divorça en 1152 d'avec Éléonore d'Aquitaine qui épousa la même année Henri Il Plantagenêt, futur roi d'Angleterre, à qui elle apporta en dot les provinces du Sud-Ouest de la France. La domination des rois anglais, durera jusqu'en 1453, date qui marque la fin de la Guerre de Cent Ans. La mairie de Dax est l'une des plus anciennes de France, elle date de 1189. Le premier maire (ou Capdel) de Dax s'appelait Pierre de Saint-Paul et, après lui, 148 maires se sont succédés, sans aucune interruption.
Après les Anglais qui ont occupé l'Aquitaine pendant près de 300 ans, ce sont les Espagnols qui s'intéressent à Dax. La ville, en état de siège, résiste à l'incursion en 1521-1522. Le "siècle de la Renaissance" sera surtout marqué à Dax par les guerres de religion et des épidémies catastrophiques. La fin du XVIe siècle voit la naissance d'un habitant illustre qui deviendra Saint-Vincent de Paul. Fils de paysan landais, né à Pouy-en-Chalosse en 1581, Vincent de Paul fait ses études chez les Cordeliers de Dax, ensuite au Collège municipal, puis à l'Université de Toulouse; prêtre en 1660, aumônier de la reine Marguerite de Valois (1610), curé de Clichy (1612) et de Châtillon-sur-Chalaronne (1617). Il est chargé de mission secrète et verbale, auprès d'Henri IV par le Cardinal de Perren, envoyé spécial du roi près du Saint-Siège. Nommé par Louis XIII, aumônier général des galères, Vincent de Paul prend conscience de l'immense misère du peuple et crée de nombreuses oeuvres de charité dont la Société des Prêtres de la Mission (1625) ou Lazaristes, et la Communauté des Filles de la Charité (1633) qu'il fonde avec Louise de Marillac. Appelé le premier hospitalier de France, Vincent de Paul meurt à 84 ans et est canonisé en 1737 par le Pape Clément XII.
Le cardinal Mazarin séjourne à Dax en 1659. Cette même année, plusieurs princes et princesses se déplacent dans la cité des eaux chaudes, ainsi que Louis XIV allant au devant de sa fiancée, l'Infante Marie-Thérèse.
Un grand Dacquois naît en 1733, Jean-Charles de Borda. Navigateur, mathématicien et physicien de renommée mondiale, il étonne par sa conception de la géométrie et, à 23 ans, il entre à l'Académie des Sciences, comme membre adjoint. Ses études et ses compétences sont utilisées dans les constructions navales et il contribue à la création du système métrique. Jean-Charles de Borda meurt en 1799.
La Révolution n'épargnera pas Dax mais la ville se relèvera comme d'autres. Ses citoyens auront maintes fois l'occasion de faire valoir leur point de vue souvent différent de celui des instances nationales comme en 1894, où un conflit les oppose au Président du Conseil pour le maintien de leurs coutumes et notamment des courses de toros ou encore entre 1945 et 1952 où ils votent sept fois de suite pour que Eugène Milliès-Lacroix soient accepté définitivement comme maire de Dax.
Avec une situation privilégiée, au cœur de la forêt landaise, entre l'Océan Atlantique et les Pyrénées, Dax, est la ville du bien-vivre. Célèbre pour son rugby, ses fêtes, ses corridas et sa gastronomie, Dax est aussi la première station thermale de France. Chaque année plus de 100 000 personnes la fréquentent dont 57 000 curistes (rhumatologie et phlébologie).
Saint Vincent de Tyrosse
Chef-lieu de canton
Saint-Vincent-de-Tyrosse serait d'origine ibère ou ligure. Tyrosse fut, comme en témoignent les nombreux tumuli (mottes funéraires), dès avant Jésus-Christ, le lieu d'une importante activité pastorale, donc humaine. Lieu de halte et de carrefour, les légions romaines y installèrent un camp de repos, le Moyen Age y vit défiler les pélerins de Saint-Jacques-de-Compostelle. Son nom (Tirosse à l'époque) apparaît pour la première fois dans un document de 843 pour y signaler le mariage du Vicomte Fortaner de Maremne avec Miramonde de Louvignier.
Fleuron de la Viconté de Maremne qui appartint à l'illustre famille d'Albret, Saint-Vincent-de-Tyrosse joua un rôle essentiel dans la lutte qui opposa pendant plusieurs siècles Anglais et Français. De par son rôle de carrefour de la route des "Grandes Landes" venant de Paris et de Bordeaux et de la route de "Petites Landes" venant de Toulouse, Tartas et de Dax, elle eut une importance économique telle que Louis XII y fit ouvrir les premières postes royales en 1511. Par la suite, les armées royales et impériales qui se portaient au devant des Espagnols purent apprécier sa tradition d'accueil et d'hospitalité.
En 1836 le village compte 637 habitants. Au cours de la première moitié du XIXème siècle, Saint-Vincent-de-Tyrosse s'est affirmé comme chef lieu de canton en pleine expansion, au croisement des routes reliant les communes du Marensin à celles de Chalosse et du Pays Basque.
L'arrivée de la voie ferrée Paris-Bayonne, en 1854, accroît son rôle économique, d'autant que s'implante en 1862 la première usine de chaussures.
Durant les quarante dernières années la population a plus que doublée (plus de 6000 habitants aujourd'hui). Singulièrement, dans les vingt dernières, la ville a pris un essor démographique qui ne va que s'amplifier avec les créations de nombreux lotissements pavillonnaires dans sa périphérie urbaine.
Cœur et poumon du Pays Tyrossais (20 000 habitants), Saint-Vincent-de-Tyrosse entretient un certain art de vivre, à proximité des pôles économiques, touristiques et des grands axes de transport, près de la montagne, sans ses rigueurs, près de la plage, sans son entassement, à la campagne sans son isolement.
Histoire de Seignosse
Seignosse est une petite ville de 1700 habitants, située à proximité du littoral atlantique. Elle dispose d'une station balnéaire : Le Pénon.Les origines de Seignosse remontent à l'âge de bronze. A l'époque romaine la vie sociale y était organisée.
Le nom de Seignosse était connu au Haut Moyen Age. En 1354 on écrivait alors Senhosse.
Le territoire seignossais appartenait à l'Armorique (ar, sur ; mor, mer), que les Romains appelaient Aquitaine, à cause de l'abondance des eaux et, plus tard, cette portion de l'Aquitaine eut pour nom Novempopulanie (neuf peuples), Dans la région vivaient les Cocosates. La tribu qui occupe le site de Seignosse porte le nom de Lous Esquiraüs. Les habitants vivent de chasse, de pêche et d'un peu d'agriculture. l'Empereur Auguste soumit les Gascons. Les Romains apportèrent le christianisme et la civilisation, favorisant les échanges grâce notamment au chemin bayonnais qui longeait la côte..
Sous les Mérovingiens et Carolingiens les invasions se succèdent : les Alains, les Suaves, les Vandales se ravagent la région. Les Goths-Ariens occupent la Novempopulanie et pourchassent les chrétiens. Au VIIème siècle, Clovis tue Alaric et l'Aquitaine devient une province franque. En 558, les Vascons Basques envahissent la Novempopulanie et fondent des établissements réguliers. Ensuite, les Normands accostent et pénetrent le pays pour assurer l'extension de leur marine.
Aux époques féodales et médiévales Seignosse appartient à la Vicomté de Marenne, la lignée de ces vicomtes, dont la liste remonte au Xème siècle, s'éteignit au milieu du XIVème siècle ; puis les sires d'Albret, les ducs de Bouillon et à l'approche de la révolution de 1789, les Brugères-Chalabres possédèrent la région.
Après les atermoiements de l'embouchure de l'Adour et du port qui l'accompagnait, dont Seignosse fut un témoin privilégié puisque placé entre Vieux Boucau et Capbreton, l'un des faits marquants du XVIIIème, puis du XIXème siècle, reste l'énorme entreprise que constitua la fixation des dunes. Le littoral du Golfe de Gascogne était désert. Sous la poussée des vents d'ouest, les sables rejetés par l'océan s'étaient amoncelés, submergeant les cultures et les villages. Les dunes avançaient irrésistiblement vers l'intérieur. On installa des clayonnages en vain. En 1779, le baron de Charlevois Villers, colonel, inspecteur des travaux maritimes, fut chargé d'immobiliser les sables mouvants par des végétaux. Il échoua dans son programme. En 1784, Nicolas Brémontier, ingénieur en chef à Bordeaux, reprend les travaux de son prédécesseur dès 1787 à La Teste. Usant de branchages pour couvrir les graines, il réussit à fixer le sable. Le 2 juillet 1801, Chaptal, ministre de l'intérieur, institue une commission pour continuer de fixer et planter le bois le long des côtes de Gascogne d'après les plans de Brémontier. Dès lors les ensemencements se poursuivent avec rapidité dans toute la Lande et dès 1865, l'oeuvre était terminée. La commune de Seignosse a participé financièrement à l'ensemencement des dunes de son territoire.
Le XXème siècle est marqué, comme dans les autres communes de France, par les deux conflits mondiaux qui prélevent des forces vives dans la population. Les habitants sont encore gemmiers, même si leur nombre a considérablement baissé. Cette profession très rémunératrice était la richesse de Seignosse basée sur le pin, la résine, le liège. Dans sa deuxième moitié, est née la station balnéaire du Pénon dont les travaux débutèrent en 1964. A l'initiative du Conseil général des Landes, on créa de toute pièce sur 400 ha, étalée le long de 6 km de côte, une petite ville essentiellement tournée vers le tourisme estival avec le plus grand parc aquatique des Landes achevé en 1999. Vue aérienne du parc aquatique Atlantic Parc

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